Exclusif : seigneur et locataire de son manoir en 1728

Inédit : grâce à plusieurs documents trouvés pendant mes recherches, j’ai découvert qu’un seigneur était en fait locataire de son manoir. A ma connaissance, je suis le premier à en parler. Même le prolifique Louis Le Guennec n’y a vu que du feu.

Au sud de Morlaix, entre le Queffleuth et le Jarlot, la commune de Plourin-les-Morlaix compte de nombreux manoirs, autant de traces du morcellement féodal de ce territoire. Située sur le plateau au sud du bourg paroissial, la petite seigneurie de La Boissière est l’une des plus concentrées, formant un zone circulaire autour de son manoir, délimitée par les ruisseaux de Bodister et de Coatanscour, dont les vallées creusent le plateau sur presque 60 mètres de profondeur.

Il est assez original de voir un seigneur de La Bouessiere locataire du manoir de ses ancêtres

En 1687, le riche négociant morlaisien Jacques Alain, sieur de La Marre, achète pour plus de 80.000 livres cette seigneurie avec celles de Penfeunteuniou (Sibiril), Kergounouarn (Plouvorn) et Coatangars (Plouzévédé), à la famille Le Rouge de Penfeunteuniou. Une demoiselle du Moguerou loue les lieux jusqu’en 1709, lorsqu’un certain Ollivier de La Bouessiere signe son premier bail avec la veuve de Monsieur de La Marre. Il est assez original de voir un seigneur de La Bouessiere locataire du manoir de ses ancêtres.

Je ne sais pas à quel moment les La Bouessiere ont vendu ou transmis leur manoir aux Le Rouge. J’ai trouvé une Louise de La Bouessière (ca 1548) mariée le 27 avril 1568 à Morlaix avec Pierre Le Rouge, seigneur de Guerdavid (1548-1608/1611). Il est donc possible qu’un Le Rouge ait hérité du manoir à la faveur d’un partage. Une vente tardive est également possible, Etienne de La Bouessiere est réputé vivre dans son manoir de La Boissière en 1669 lors de la réformation de la noblesse. En tout cas, les armes des parents de cette Louise étaient encore visibles il y dix ans sur une cheminée.

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Ce blason comporte deux moitiés : une pour l’époux et l’autre pour l’épouse. Le buis arraché, à gauche, est celui de la famille de La Bouessiere. Il était aussi visible sur une croix à Guiclan, et dans l’église de Plourin. En couleur, cela aurait donné un buis sinople (vert) sur fond argent. Ils avaient pour devise : Nec pertimescit hyemen, dont une traduction pourrait être : Ne craint pas le froid ; un jeu de mot lié à la résistance du buis. La moitié de droite (celle de l’épouse) comporte 5 ronds (besants) et une barre horizontale (fasce). Il s’avère que le seul couple de la famille dont les armoiries correspondent est Christophe marié en 1539 à Louise de Barac’h.

Christophe de La Bouessiere a donc peut-être fait construire le bâtiment dans lequel se trouvait cette cheminée. A moins qu’Ollivier de La Bouessiere, son arrière-arrière petit-fils ait voulu rendre hommage au dernier porteur de son nom à avoir vécu dans le manoir. Le style architecturale du bâtiment autour de la cheminée (ni aujourd’hui, ni en 1728), ne correspond en tout cas pas au 16e siècle, contrairement au bâtiment décrit comme la maison principale en 1728 (très haute et dotée d’une tourelle en cul de lampe). De plus, le terme « la salle » utilisée en 1728 pour désigner l' »appartement » où se trouve le blason pourrait plaider pour la théorie de l’hommage.

Le bail de 1709 marque le retour de la famille dans son berceau.

Il semble que les La Bouessiere ont gardés la propriété de la première métairie, contigue au manoir, mais absente du prisage. C’est peut-être cette exploitation que tient en ferme Jan Le Duff, « fermier du dit sieur de la Boissiere aux dits lieux ».

A la mort de madame de La Marre (1727), la petite seigneurie est transmise à la famille Roger de Campagnole, sur laquelle elle sera saisie à la Révolution. En 1728, Ollivier de La Boissière loue toujours cette propriété pour 105 livres par an. Une bonne affaire pour un manoir estimé 568 livres de rente annuelle (400 livres hors terres). Ceci explique peut-être pourquoi il ne s’en est jamais montré acquéreur. Il en avait pourtant largement les moyens ; l’inventaire dressé à son décès se monte à 30 000 livres.

Ollivier de La Bouessiere décède en 1753, sans enfants. Le bâtiment « noble » est délaissé, puis remanié pour être intégré à l’exploitation agricole de la métairie. De nombreuses modifications du bâti interviennent au 19e siècle et la majesté du manoir disparait peu à peu. Sur le cadastre de 1834, les maisons habitées sont marquées d’une petite croix : la maison en bas à gauche avec 2 avancées était la métairie, non inclue dans le bail, la maison la plus ancienne du manoir n’est plus visible (où est planté le drapeau se trouvait le portail). La grange est plus longue et rejoint l’alignement de la métairie ; l’écurie a disparu. Le bâtiment isolé à droite devait être la chapelle.

3 P 208/1 Section C 3 de Kervéguen. AD du Finistère
3 P 208/1
Section C 3 de Kervéguen.
AD du Finistère

En 1904, Louis Le Guennec évoque le manoir de La Boissière dans une notice consacrée à la paroisse de Plourin (publiée dans le bulletin de la société archéologique du Finistère). « En revenant vers Morlaix (depuis Bodister), on trouve au croisement du chemin de Bodister et de l’ancienne route de Carhaix, une vieille avenue de chênes qui conduit au manoir ruiné de la Boissière. Le corps de logis principal, édifice du XVIe siècle surmonté d’une tourelle à cul-de-lampe, a été démoli ; mais on voit encore le portail de la cour, flanqué de deux pavillons, et un long bâtiment de service converti en ferme. Le colombier a été récemment rasé et depuis longtemps la chapelle a subi le même sort. Derrière le jardin, entouré de ses vieux murs frangés de lierre, coule une fontaine à fronton ogival.« 

L’état du manoir en 1728

En 1728, pendant 6 mois, trois estimateurs ont parcouru la campagne autour de Morlaix pour réaliser le prisage des biens immobiliers de Marie Coroller, dame de La Marre, décédée en 1727.  Le document qui en a résulté est un grand livre de 700 pages, conservé aux archives départementales d’Ile-et-Vilaine, à Rennes. Parmi les nombreux manoirs, moulins, métairies, convenants, maisons, landes estimés, se trouve le manoir de La Boissière, dans la paroisse de Plourin-lès-Morlaix.

Les priseurs sont méthodiques ; ils commencent toujours par la maison principale, procèdent étage par étage de bas en haut en terminant pas les charpentes. Ils poursuivent ensuite par les autres bâtiments en le situant par rapport au précédent. Avant de détailler chaque parcelle de terre, ils listent les éléments nobles (chapelle, colombier, bois, allées ou rabines, droits honorifiques). Les terres sont qualifiées selon leur valeur : terre chaude (cultivée), jardins, prairies, bois, terre froide (lande, jachère cultivée irrégulièrement). Les superficies sont mulitipliées par un coefficient différent selon le type de parcelle pour donner une valeur locative (arrentement).

Les terres décrites s’étendent sur plus de 3000 cordes, soit 18.5 hectares, dont un bon tiers de bois. Le grand bois à lui seul fait 4 hectares. Trois parcelles à l’est du manoir sont des jardins ou des vergers, sur 2.4 hectares. La seule parcelle de terre froide est plantée de jeunes chênes (1.4 ha). Le lit d’un ancien étang a été transformé en pâture. Le reste est sous terre chaude ou sous prairie.

Les droits honorifiques de sont pas détaillés, mais, lors de la réformation du domaine royal en 1679, la 2e chapelle de l’église paroissiale (côté de l’épitre) est qualifiée de chapelle de La Boissière. Selon Le Guennec (cf. supra), la fenêtre contenait un vitrail colorié aux écussons des armes de La Boissière et de leurs alliances. Aujourd’hui cette chapelle est dédiée à Sainte-Philomène (et Sainte-Geneviève) et on y voit toujours un enfeu en plein cintre.

Croquis d'après le prisage de 1728
Croquis d’après le prisage de 1728, vue côté Sud.

Les bâtiments décrits  ont aujourd’hui presqu’entièrement disparu, mais le texte est si précis que j’ai pu en dresser un croquis (c’était il y a dix ans, avec une version déjà ancienne de photoshop). Dans la transcription proposée plus bas, j’ai respecté l’orthographe d’origine, tout en revoyant l’organisation des paragraphes et en insérant des sous-titres pour faciliter la lecture. Equivalence des unités de mesures : 1 pied = 324 mm. La hauteur des bâtiments se mesure jusqu’à la base du toit. 1 corde = 60.78 m²

Transcription du prisage (articles N°222 et 223)

Le manoir et mettairie noble de la Boissiere tenue a titre de simple ferme par le sieur de la boissiere, consistant en maison principale

Une maison couverte d’ardoise en laquelle le dit sieur de la boissiere fait parentement la cuisine ayant de long a deux longueur trante pieds de franc a deux pignons quinze et quart et de haut par reduction vingt,

au bout et etages ou est la cuisine une cheminée complette de taille, près la ditte cheminée deux fenestres aussy de taille, garnies de leurs volets, fermente a locquet l’une dicelle traversée de deux barres de fer, en la longere du couchand une huisserie de taille garnie de sa porte fermant a cleff et locquet une fenestre de taille a volet et carée de bois, au pignon du midy autre huisserie de taille garnie de sa porte fermant a verouil, en la longere du levant, autre huisserie de taille ayant sa porte fermant a cleff et verouil la ditte porte pour entrer de la ditte cuisine en loffice pour double au dessus de la ditte cuisine deux poutres, et trois passées de solives aux planchy,

pour entrer de la ditte cuisine en la chambre au dessus un escalier de bois a costé duquel est une fenestre de taille garnie de son valet, en la chambre au dessus de la dite cuisine une cheminée complette de taille auprès de laquelle est une fenestre de taille a volet et carée de bois fermant a tarpettes et au dessus un vitre morte pour aller de la ditte chambre en celle au dessus du portal une huisserie de taille garnie de sa porte fermant a verouil, autre porte a carée de bois donnant sur le dit escalier pour entrer de la ditte chambre au cabinet au dessus de l’office autre huisserie de taille garnie de sa porte fermant a verouil et locquet pour double au dessus de la ditte chambre deux poutres et trois pacées de soliveaux planchis,

pour monter de la ditte chambre au grenier au dessus un escalier de bois, a costé duquel est une fenestre et un jour de taille, la ditte fenestre a volet et carée de bois en haut du dit escalier une cloaison de planche en laquelle est une porte fermant a verouil

pour monter du dit grenier en celluy qui est au dessus du dit portal un pettit escalier de planchis, au pignon vers le nort deux pettite fenestre de taille bois soubs couverture deux fermes, sablieres, double fittaires, le fest et les cheffrons,

Autre maison

au levant dudit corps de logis et le joignant autre maison aussy couverte d’ardoise et en apanty a la precedente, ayant de long a une longere trante pieds de franc a deux pignons six et de haut par reduction dix,

en lapartement den bas a plain pieds de la cuisine est loffice qui a deux fenestres et un jour le tout de taille les fenestres a volet et carées de bois en la longere du levant, une huisserie de taille a present bouché de massone pour doublage au dessus un poutreaux, et une pacée de soliveaux planchy

au dessus du dit office un cabinet auquel en la longere du levant sont deux fenestres de tailles, a volet et carée de bois, et vitré, les dits volets fermant a tarjettes, au pignon vers le midy, un pettit jour, audit cabinet une cloason de planches en laquelle est une porte fermant a verouil et locquet, pour double audessus une pacées de soliveaux terracée et baracée, bois soubs couverture une sablieres et les cheffrons,

 Le portail

au couchand du dit corps de logis et la joignant est le portal, ayant de long a une longere de massone dix sept pieds de franc sans pignons quinze et deux tiers et de haut par reduction vingt,

au dit portal est une grande huisserie de taille garnie de sa porte ouvrant a deux battans, fermant a clef et a verouil, pres la ditte porte cochaire une autre huisserie aussy de taille garnie de sa porte fermant a cleff, verouil et locquet pres la dite porte cochaire un jour en forme de menotrice et pour doublage au dessus deux poutres et deux pacées et soliveaux planchy

en la chambre au dessus du dit portal, en la longere vers le nort deux fenestres de taille a volet et carées de bois, en la terre est le midy formant une longere en landroit de la ditte chambre est une fenestre a volet et carée de bois, fermant a tarjette, pour doublage au dessus de la ditte chambre trois poutres, trois pacées de soliveaux en la plus grande partie planchy

au grenier au dessus une cloaison de separation entre le precedent grenier et celluy cy, en la plus grande partie terracée, bois soubs couverture deux fermes garnies sablieres, double fittieres, le fest et les cheffrons,

 Autre maison

au couchand du dit portal et le joignant, autre maison et corps de logis aussy couverte dardoises ayant de long a deux longeres vingt et quatre pieds et de franc deux pignons quatorze et demy, et de haut par reduction dix neuf

au bas apartement nommée la salle est une cheminée complette de taille a costé de laquelle la massonne est une pettite macive garnie de son volet fermant a cleff et contre le manteau de la cheminée un ratellier de fer pour les armes, en la longere vers le midy une huisserie de taille garnie de sa porte fermant a cleff, une fenestre de taille a volets et carrée de bois, au haut de laquelle sont deux vitres mortes en la longere du nort, une hale a barate auquel est un pettit jour garny de vitre mortes

pour monter de la ditte salle en la chambre au dessus un escalier de bois, a costé duquele est un pettit jour garny de son volet, en laditte chambre une cheminée complette de taille, et pres dicelle une huisserie de taille avec sa porte, en la longere vers le midy, une fenestre de taille, a volets et carées de bois vitrés en la longere du nort, autre fenestre de taille garnye comme la precedente, au pignon du couchant une porte a carée de bois fermant a verouil et locquet, pour doublure au dessus deux poutres, trois pacées de soliveaux, planchy,

au grenier au dessus, et au pignon vers le levant, une porte a carée de bois fermant a cleff au pignon vers le couchand une fenestre garnie d’un mauvais volet, bois soub couverture deux fermes, garnis sablieres boubles fittieres, le fest et les cheffrons

La grange

au couchand de la derniere maison et la joignant autre maison couverte dardoise nommée la grange ayant de long a deux longeres trante et sept pieds de franc a un pignon quinze et de haut par reduction quinze, pour entrer une grande huisserie de taille avec sa porte ouvrant a deux battants, en la mesme longere, deux pettites fenestre de taille traversée de barres de fer la croix, pour doublages au dessus dix poutres quatre desquelles au bout du levant sont planchy,

audit grenier en lendroit du dit planchy une cloaison de planches formant une separation en la longere du nort les lieux de commodite et aupres une fenestre de taille garnie de son volet, soubs couverture deux poutres deux fermes garnies sablieres double fittieres, le faite et les cheffrons,

L’écurie

au midy de la ditte grange et la joignant autre maison aussy couverte dardoise nommée lescurie ayant de long a deux longeres vingt et cinq pieds, de franc a un pignon dix et demy et de haut par reduction onze,

pour y entrer une huisserie de taille garnye de sa porte fermant a cleff et verouil, pour double au dessus huit poutreaux, soubs couverture deux fermes garnies sablieres, simple fittieres, le fest et les cheffrons, en la couverture vers le levant deux lucarnes.

La cour, le puis et la loge à charette

La cour contenant en fond compris celluy de ses murs au cerne que des maisons, compris aussy le puis y estants, et celluy de la loge a charette y battye en apanty contre le mur du jardin dont les bois apartienent a la succession, et la couverture qui est de genet, audit sieur de la boissiere ainsy quil nous la dit, douze cordes,

Bois de décoration

le tout prisé par le menu, ensemble les bois de decoration, en rabines, dans la piece au nort de la prée nommée runiou lan, qui contient en fond cent soixante cordes et demy dans un autre nommée runiou lan huelaff qui contient cent cordes, dans un autre au couchand des precedentes, et les joignant nommée runiou lan pella qui contient cent soixante et douze cordes et demy compris le fond de son turon et dans le grand bois pres le dit manoir qui y contient six cent quarante cordes, mesme dans une piece de terre au levant du dit grand bois nommée coat ar quenquis fao, qui contient en fond cent trante cordes compris celluy de son fossé en lendroit du dit grand bois, et dans une autre piece de terre nommées ar magueres, qui contient en fond compris celluy de ses fossés aux deux bout et au costé du midy, quarante et cinq cordes et en fin ceux qui font en futayres, dans une parcelle du prée cy apres nommée prat bras

La chapelle et les droits honorifiques

comme aussy la capelle qui est dans le jardin cy après, et le cottante dont la description se trouvera en lendroit du parc ou il est sittué, et enfin les droits honnorifiques et preeminances de la ditte terre ainsy quil sont employée la larticle deux cent vingt et trois du dit grand de bien,

Sous-total

et arrenté ensemble, compris les fonds soubs les dits bois et enfin les rabines en lendroit du domaine cy apres, qui dependent de sont aux lenvirons de la ditte terre, desductions faittes des reparations a la coutume la somme de quatre cent livres cy … 400L.

 Jardins et parcelles de terres

Le jardin au levant de la cour contenant en fond compris celluy du verger y joignant de leurs murs et fosses au cerne qu’en lendroit des maisons et cours, compris aussy celluy de la capelle y estant quatre vingt cinq cordes prisé avec les arbres fruittiers y estants et arrantée la somme de vingt cinq livres dix sols cy … 25L 10S

Une piece de terre chaude nommée le vieux jardin contenant en fond compris celluy de ses murs et fossés du midy et nort cent trante et cinq cordes et demy prisé avec les fruittiers reduits a fond et arrantée la somme de quinze livres saize sols, cy … 15L 16S

Autre piece de terre chaude nommée parc ar chapel contenant en fond compris celluy de ses fossés du levant et midy, et en partie du nort cent soixante et douze cordes prisé avec les fruittiers y estants et les arbres en faussé réduits a fond la somme de vingt et trois livres douze sols cy… 23L 12S

Autre piece de terre chaude nommée parc ar hourdry contenant en fond compris celluy de ses fossés au cerne quen partie du midy et celluy du collombier y estant qui a de circonferance soixante et huit pieds et de haut par reduction seize trois cent cinquante et six cordes et demy prisé avec les bois tant des fossés que dans le fond du dit parc et arranté la somme de vingt et six livres quatorze sols, cy… 26L 14S

Une piece de terre en partie chaude et autre partie soubs bois tailly nommée parc nevez bras, contenant en fond compris celluy de ses fosses au cerne deux cent soixante et traize cordes prisé et arranté traize livres traize sols, cy…13L 13S

Une portion a prendre au midy dans une prée fauchable nommée prat bras contenant en fond compris celluy de son fossés au nort sur le grand bois, trois cent vingt et deux cordes prisé et arranté trante et deux livres quatre sols, cy … 32L 04S

Autre portion au couchand du meme prée, en partie soub prée fauchable et en autre partie soubs bois de futaye contenant en fond sans fossés cent quarante et six cordes, prisé non compris les bois qui ont été déja arrenté cy dessus la somme de quatorze livres douze sols, cy … 14L 12S

Une piece de terre froide plantée de jeunes chenes nommée coat bout contenant en fond compris celluy de ses fossés en landroit du chemin et au bout du nort deux cent trante une cordes prisé avec les jeunes planc reduite a fond et arranté dix livres quinze sols six deniers, cy … 10L 15S 6D

Le lit dun antient estange presentement soubs patures nommée ar gozlen contenant en fond compris celluy de sa chaussée et de son turon ou deffences en landroit du chemin soixante et trois cordes et trois quart prisé et arranté trois livres trois sols neuf deniers, cy …. 3L 03S 9D

Et est tout ce que jan le duff fermier du dit sieur de la boissiere au dit lieux nous a montré, et nous en a dit dependre, lequel nous ayant aussi dit quil crois que la ditte dame de la marres y avoit pour quarante et cinq livres de souche au commencement de la ferme dudit sieur de la boessiere sans cependant en entre saizy de letat, nous lavons arranté quarante et cinq sols, cy… 2L 05S

Total de l’estimation

Somme toute des arrantement dudit lieu de la boessiere ainsy que dessus se monte a la somme de cinq cent soixante et huit livres cinq sols trois deniers, cy … 568L 5S 3D

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